AFR : J’ai couru mon premier marathon !

Blog écrit pour ASICS FrontRunner France

Le 16 août 2019, jour de mes 29 ans, je décide de célébrer ma naissance en allant courir 29 kilomètres, puis en nageant 2900 mètres.

Jour de mes 29 ans, je décide de célébrer ma naissance en allant courir 29 kilomètres, puis en nageant 2900 mètres. Jusque là, le semi-marathon, était ma plus longue distance. Mais ce jour-là, je me sens invincible en courant au Bois de Vincennes puis en terminant la journée à la piscine de Puteaux. Aucune courbature le lendemain.

C’est donc tout « naturellement » que me vient l’idée de courir un marathon avant mes 30 ans. «Franchement, 13.195 kilomètres de plus… qu’est-ce que c’est en vrai ?! Rien !»
Quelle naïveté ! (Quelle prétention !!)
Je regrette presque ce jugement hâtif aujourd’hui !.. car 13 kilomètres de plus… ça pèse sur la machine et le mental ! J’en ai fait l’intéressante expérience à Florence le dimanche 24 novembre 2019.
La veille
Samedi 23, 19h : je prépare ma tenue, mes sacs, mes pâtes au sel et mon lit, avec une petite boule au ventre.
Le jour J
Dimanche, 5h du matin : je me réveille avant l’alarme du téléphone. Je regarde la météo : magnifique journée en perspective. Chanceux contraste avec la veille où il pleuvait des cordes.
Je badigeonne mes pieds de crème anti-frottements. Je vérifie ma sacoche de course et mon sac d’après effort. Je m’habille, lace religieusement mes GT-2000 8 (c’est mon podologue qui m’a appris à lacer mes chaussures

J’accroche avec excitation et légère angoisse cet inoubliable premier « gros » dossard.
6h : je prends mon petit déjeuner malgré l’estomac noué. Je n’ai bien entendu pas oublié le fameux smecta d’avant course.

8h15 : je me retrouve dans le sas de départ. Je peux sentir mon coeur tellement il bat vite et fort !
8h30 : le départ des premiers sas est lancé. Applaudissements et cris d’encouragements tout autour de nous. Ça y est, c’est parti ! Ça va être à nous dans quelques minutes (on ne piétine pas, le passage des sas est hyper fluide… contrairement à certaines courses parisiennes).
Je passe l’arche de départ et me voilà partie pour une sacrée aventure !
Du premier au 28e kilomètre : tout se passe bien. Je cours bien. Aucune douleur (j’attendais mes fragiles genoux au tournant – début d’année marquée par le syndrome de l’essuie-glace-. Mais là, rien !)
Petit aperçu de ce qui trotte dans ma tête : « Magnifique paysage ! Génial ce parcours. J’adore ! Je suis au top !! Continue comme ça Aurore ! Tu gères… »
À partir du 28e – 29e apparaissent les prémices d’un léger désenchantement… les plis des aines qui commencent à se faire entendre. Pareil pour les chevilles qui m’expriment leur désaccord.
Je vois des gens tomber autour de moi à cause de crampes. Ils crient de douleur. Je prends peur : je ralentis (bon en vrai… je crois que j’avais envie / besoin de ralentir).
Arrivée au 30e kilomètre, j’ai la fausse bonne idée de marcher pour bien profiter des ravitaillements (eau, sel, banane et thé – bah quoi, on brunche le dimanche, non ?!). Fâcheux. Très fâcheux. Mon corps pense que c’est la fin et se relâche. « Comment faire pour redémarrer maintenant ? La torture ! » Mais bon, c’est reparti tant bien que mal.

À partir de là, je sais que le mental doit prendre le dessus.
Monologue intérieur :
« – Allez Aurore, cours jusqu’au prochain arbre. Prochain lampadaire. Prochaine intersection. Ne regarde pas par terre. Regarde devant. Loin devant. Le plus gros est fait. Courage ! Bientôt la fin.
-Bientôt !?! Il me reste plus de 10 kilomètres quand même !! »
Du 36e au 41e kilomètre, je me demande réellement ce que je fais ici. « Non mais quelle stupide idée ai-je eu?! Il est interminable ce parcours » je me disais avec des larmes d’épuisement et de colère aux yeux.
Ce qui me fait avancer à présent : la certitude que le Duomo (point d’arrivée) n’est plus très loin ainsi que les « Dai dai », « Andiamo », « Forza » des badauds ! J’entends aussi un «Allez la France ! Tête haute » qui me redonne de la force et du courage.
D’ailleurs j’arrive bientôt au 41e kilomètre : je me sens pousser des ailes et accélère ma foulée pour franchir cette précieuse arche ! Je cours, je vole et entends le dernier « bip » de ma puce ! Enfin !!!
Les yeux tout humides de joie, fatigue, satisfaction et soulagement, je baisse la tête pour qu’on me glisse la belle médaille au cou.
J’ère dans le vide quelques minutes encore, cherche un point d’eau, m’assois et réalise enfin ce qui me paraissait impossible il y a encore quelques mois : « J’ai couru 42.195 kilomètres sans abandonner. Je suis plus forte que ce que je crois. J’ai dompté mes propres limites. Je suis marathonienne !!!!!!!!!! »
Quel magnifique sentiment d’accomplissement !
Quel bonheur !

PS : Énorme pensée et gigantesque révérence à tous mes teammates FrontRunner marathoniens qui courent plusieurs marathons dans l’année et qui avalent donc des centaines de kilomètres par semaine pendant des mois de préparation. Quelle discipline ! Quelle force ! Chapeau !