YOGA : Et si on apprenait à respirer ?

Lors des confinements en 2020, nombreux sont ceux qui ont pris le temps de se mettre au yoga postural et de découvrir les bienfaits de cette pratique. Grâce au confinement donc, vous avez peut-être découvert que le yoga postural :


– ça pouvait être physique parfois… et même faire transpirer ;
– ça nous gaine et nous muscle les bras ;
– ça nous oblige à faire attention à notre souffle ;
– ça développe notre équilibre et notre concentration ;
– ça nous aide à nous détendre et à mieux dormir aussi ;
– ça fait passer le temps en confinement et ça nous aide peut-être à mieux gérer le stress d’un tel contexte…


Bref, tout plein d’avantages sont liés à cette pratique physique. Mais attardons-nous aujourd’hui sur les bienfaits liés à la respiration, ce phénomène d’échanges gazeux qui est au coeur même de la vie !

Si vous vous êtes mis à une pratique de yoga dynamique lors de la quarantaine, on vous a sûrement donné beaucoup d’indications sur la respiration à adopter dans vos mouvements (“inspire chien tête en haut”, “expire chien tête en bas”, etc). Cette multitude d’indications peut être déroutante lorsque que l’on débute… Et c’est même la première fois que respirer devient une activité consciente et parfois quelque peu difficile pour certains. D’autant plus difficile que l’on vous demande sûrement de respirer par le nez tout au long de la séance.
Mais ne vous inquiétez pas ! C’est tout à fait normal d’être un peu perturbé par ces consignes lorsque l’on débute.

* Comment respirer au yoga ?

La respiration Ujjayi (respiration victorieuse) est utilisée en Ashtanga Vinyasa Yoga (pratique de yoga dynamique traditionnelle où les postures s’enchaînent de manière structurée). Cette respiration victorieuse est une respiration sonore et quelque peu particulière. Pas naturelle du tout lorsque l’on commence le yoga ! Pourquoi sonore ? Car on vient légèrement contracter la glotte lorsque l’on travaille la respiration Ujjayi et on inspire puis expire uniquement par le nez.

Si tu ne veux plus être pris au dépourvu lors de ta prochaine pratique sur le tapis, voici quelques astuces pour t’entraîner (hors du tapis aussi si tu veux) à la respiration par le nez :


1- inspire par le nez et expire par la bouche (pour commencer) comme si tu soufflais sur tes verres de lunettes, pour créer de la buée ;
2- inspire par le nez. Puis, après une nouvelle expiration par la bouche, ferme les lèvres. L’air va automatiquement sortir par le nez ;
4- continue uniquement par le nez ensuite. Inspire sur 4 secondes (en fonction du confort) et expire sur 4 secondes ;
5- essaye d’écouter ta respiration : entends la lettre A à l’inspiration par le nez, et le son “hhaaa”à l’expiration par le nez ;
Tu as compris ? Si oui, tu devrais te sentir plus à l’aise dans ta prochaine pratique.

* Pourquoi utilisons-nous cette respiration ?

Très bien, mais maintenant, il faudrait comprendre pourquoi nous choisissons cette respiration, non ? La respiration Ujjayi aide à chauffer le corps… pratique lorsque l’on veut réaliser des flexions vers l’avant ou autres positions de souplesse ! Plus le corps est chaud, plus nous nous sentons souples… pas vous ?
Cette respiration permet aussi de maintenir une respiration profonde, consciente et lente même pendant un effort. Elle devient donc notre guide sonore lors de la pratique et nous aiguille sur la qualité de notre pratique. Lorsque l’on arrête de respirer ou lorsque l’on respire de manière saccadée, cela signifie peut-être que nous forçons un peu trop dans la posture (si si, cela t’est sûrement déjà arrivé… revisualise-toi dans ta première inversion sur la tête ou sur les mains : ta respiration était-elle sereine ?). À l’inverse, si nous perdons notre concentration, la respiration disparaît.

Mais si nous utilisons ce souffle comme une ancre dans l’instant présent, nous transformons notre pratique en une méditation en mouvement. Et c’est là où réside toute la beauté du yoga postural et notamment de l’Ashtanga yoga. Cette pratique nous fait prendre conscience de notre mécanique corporelle : nous prêtons attention à notre ventilation pulmonaire et au mouvement du diaphragme ; une action qui, en temps normal, se fait de manière inconsciente.